02.11.2010
Paris est magique
Peu importe où vous êtes dans le monde, peu importe quelle région obscure de la planète que vous êtes en train d'explorer. Que vous soyez en train de visiter les fjords du Grand Nord, de creuser un puits au milieu d'un village africain ou de chasser le caribou sauvage dans les pleines sauvages du Canada, il y a toujours un parisien qui est là, AUSSI...
Ne nous méprenons pas, je n'ai rien contre les parisiens. Enfin, pas tous, il y en a plein que j'aime bien. Je ne suis pas en train de rédiger un article anti-quelque chose, je constate, c'est tout.
Ce midi, au détour d'un terrasse tout au sud de l'Espagne, à quelques encablures de la mer, je ne faisais rien d'autre que de manger du poisson et boire du rosé quand deux parisiens se sont assis à la table d'à côté. Loin de moi l'idée de vouloir écouter leur conversation, mais vu qu'ils parlaient si fort, certains qu'aucun autre autochtone ne parlait français autour de leur table, je n'eus pas d'autre choix que d'entendre. Heureusement d'ailleurs, car du coup, ma journée se transformais en expérience anthropologiste sans précédent.
Jamais je n'aurais voulu que ça s'arrête, comme quand vous êtes au cinéma et que le film est tellement prenant que vous aimeriez que ça dure encore et encore, comme quand vous ne vous lassez pas de voir Jason Statham tabasser les méchants à ne plus en finir, mais là, je m'égare...
Durant près de 90 minutes, j'ai eu le plaisir d'entendre mes voisins de table rivaliser de leurs prouesses. Ils n'en avaient jamais assez, définitivement le monde n'est pas assez grand pour eux, l'aventure n'avait pas été inventée pour eux, ils ETAIENT l'aventure incarnée... Plus les bouteilles de rosés défilaient, plus leurs histoires prenaient de l'ampleur. Ils ont commencé par parler de leur journées de ski, qui sont devenues des randonnées à peaux de phoques, pour se terminer en excursions de trois jours dans la montagne à rivaliser avec la nature, à chasser le grand tètra. Il y en a même un qui a dit qu'il ne partait jamais skier sans son fusil... (!!!) - mythique - L'épisode "ski" n'avait pas de fin, en passant par la longue liste des pistes et des randonnées sauvages qu'ils connaissent respectivement à Megève, Avoriaz, Chamonix - mais bien sûr, il n'y a qu'eux qui connaissent ces coins "secrets" - ainsi leur connaissance parfaite de toute la Haute-Savoie à chaque sortie de l'autoroute blanche, sans oublier le passage à l'étranger, "chez les suisses" où ils connaissent TOUS les restaurants de TOUTES les stations de ski de l'entrée du Valais aux frontières du Tessin... Sans oublier qu'après avoir inventé le ski, le snowboard, le télémark, après avoir ouverts les premières voies d'escalade du Mont-Blanc et avoir aidé Roger Frison-Roche à écrire "Premier de cordée", ils travaillent sur un nouveau sport d'hiver à venir... mais chuuuutt..top secret... Soudainement, la saison d'hiver était finie.
Pendant un instant, j'ai cru que le film allait s'arrêter là - A mon grand désespoir - Mais non, après le ski, le golf...
En l'espace de 3 décis de rosé j'ai appris qu'il est ABSOLUMENT nécessaire d'utiliser une voiturette de golf pour faire un parcours, sinon, en marchant entre chaque trou, évidemment, tu perds ton "influx", que Tiger Woods et Lee Westwood sont pas mal, mais que si ils jouaient sur les parcours que EUX pratiquent, ça ne serait pas la même chose. Surtout que eux, marchent entre les trous, et que du coup, c'est "chiant" parce que jouer avec un "pro", ça prends automatiquement plus de 5 heures...
Et puis il y a les "copains". A entendre ces deux Messieurs, si vous rassembliez leurs "copains" respectifs, il faut espérer que le Stade de France soit libre ce soir là, sinon, il faut les emmener en Angleterre et louer Wembley... Inouï le nombre de "copains" qu'ils ont, mieux que sur Facebook, parce que ceux-ci, ils n'ont même pas besoin de donner leur accord pour être leurs amis... ils sont "amis d'office"..
Au fur et à mesure que la conversation avançait, on ne pouvait faire autre chose que de retenir ses larmes de rire, tellement la compétition de "j'en ai une plus grande que la tienne" battait son plein... Si l'un chassait, l'autre chassait aussi, mais au lance roquette et l'ours d'Alaska. Si l'un avait signé un contrat juteux pour le travail, l'autre était le meilleur ami de Steve Jobs ET de Bill Gates. Si le père de l'un conduisait des tanks, le père de l'autre était le Général Leclerc en personne, et puis, "moi je suis R2 en tennis" - "hé ben moi je suis R1 depuis la semaine passée, j'ai battu Federer... Plus les minutes passaient, plus une question ne cessait de me revenir en tête : "Mais, de bleu de bleu, quand est-ce qu'ils bossent ces deux lascards ?" - Non parce que si j'ai bien tout écouté, entre le week-end chez son copain de Cannes, celui de chez son copain de Monaco, les trois week-ends de golf et le week-end pour donner cours de rafraîchissement à Valentino Rossi, sans compter le week-end avec Sébastien Loeb à lui expliquer comment on conduit "vraiment" une citroën, comme tous ces week-ends datent du mois d'octobre, j'ai bien peur que les grèves parisiennes aient transformé les 31 jours du mois en autant de week-ends... au minimum... ou alors ils ont probablement inventé la machine à remonter le temps, pour faire plusieurs fois le même jour...
Alors que la troisième bouteille de rosé et les cigares Davidoff disparaissaient de la table, on en arrivait gentiment à la fortune personnelle et à la réussite individuelle. Là, forcément, Bernard Arnaud, Richard Branson et autres Warren Buffet n'ont qu'à bien se tenir, puisque l'on apprenait qu'avec tout le boulot fournit dans une vie les trois générations suivantes étaient assurées de jouer au golf, au tennis et au backgammon chez les copains de Monaco pour le reste des années à venir... Je vous passe l'épisode sur les endroits du mondes qu'ils connaissent comme leur poche, à ce moment en faisant un rapide calcul sur leurs expériences et leurs voyages respectifs, nous pouvons facilement estimer leur âge à, environ 157 ans, chacun...
Tout ça pour vous dire qu'il n'est pas dans mon habitude d'écouter les tables avoisinantes, mais quand mes voisins sont parisiens et se sentent obligés de raconter leurs exploits à haute voie, supposant qu'ils sont les seuls à comprendre le français, je ne puis faire autrement, mais Mon Dieu si ça valait le coup... Je regrette une seule chose, je n'ai pas entendu dans quel restaurant ils vont manger ce soir, j'aurais tellement voulu entendre la suite... Je ne m'en lasse pas...
J'en suis presque à à regretter mon ancien employeur, qui regorgeaient de parisiens et c'est vrai qu'avec le recul, mon ancien patron était victime du même syndrome... Tu allais le voir pour lui dire que tu étais allé en vélo au Pôle Nord pour tes vacances, il te répondait que lui aussi, mais sur les mains et à reculons...
Ne nous méprenons pas, je ne généralise pas, mais il est agréable quand vous êtes à l'étranger et que vous ne parlez pas forcément la langue, d'entendre un groupe de parisiens raconter leurs vacances de ski à Verbier où quand "tu tournes derrières une bosse il fait nuit tellement le soleil il est caché par la bosse" ou la fois où ils ont failli embarquer dans un des vols qui a fini dans les World Trade Center, mais qu'ils ont préféré laisser la place à un type barbu et l'air patibulaire, mais presque, munit d'un couteau suisse, ou alors de les écouter expliquer comment ils auraient pu , si ils avaient voulu (mais finalement ils n'ont pas voulu) empêcher le Titanic de couler, parce que EUX, ils avaient un "copain" qui avait vu l'iceberg... ça rappelle un peu la maison...
Franchement, Coluche était très fort, Gad El Maleh ou encore Patrick Timsit sont brillants, mais je commence à comprendre d'où leur vient l'inspiration... J'en ai encore mal aux côtes d'avoir rit... j'ai même eu le privilège de parler avec l'un d'eux, quand il s'est rendu compte que nous partagions le même langage, en moins de 5 minutes, j'ai appris qu'il connaissait le village où je suis né comme sa poche, qu'il connaissait Genève comme sa poche que sa femme avait travaillé dans - presque - tous les lieux que je connais en Romandie, et qu'il était "presque" suisse, si il avait voulu, mais il a pas voulu, parce que sinon il aurait dû donner des cours de ski à l'équipe suisse de ski et qu'il n'avait pas le temps...
Des fois, j'ai du mal à comprendre pourquoi ils quittent le 16ème arrondissement et la tour Eiffel, à la naissance ils connaissent déjà tout et on déjà tout fait... Encore une fois, je ne généralise pas, mais il y a deux jours il y en avait deux du même modèle à la table du petit déjeuner, il doit y avoir un nid par ici...
Décidément, Paris est magique.
J'avoue que sur deux ou trois descriptions, j'ai un peu exagéré la chose, mais pas tant que ça, c'est fou...même en me relisant je trouve que n'y ai pas été trop fort... Bon, je vous laisse, je viens de repérer où ils vont manger, je vais essayer de choper la table à côté d'eux...
Morningbull
19:54 Publié dans Chroniques Hebdomadaires | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
07.06.2010
Vous faites quoi cet été, pendant vos deux mois de vacances ?
Vous, je ne sais pas, mais moi je commence à me poser des questions.
Il y a quelques années, quand j’étais à mon guichet dans une agence de l’Union de Banques Suisses (si, si, ça a existé), l’année dite « scolaire », se présentait de la manière suivante :
On commençait à la rentrée, fin août début septembre, on bossait comme des ânes jusqu’en décembre (le 24 dans l’après-midi le plus souvent), on recommençait le 2 ou le 3 janvier pour les chanceux. Puis, si on avait du bol on partait skier en février, un week-end rapide à Pâques, peut-être Pentecôte ou l’Ascension, puis dernière ligne droite avec les deux semaines de vacances d’été… et on recommençait…
Maintenant, tout a changé…
Maintenant, on commence l’année scolaire fin septembre, parce que comme y a le jeûne genevois, ça sert trop à rien de se stresser et puis pour certains, il faut qu’ils se remettent des vacances.. Si, c’est un nouveau concept, maintenant il faut se remettre des vacances, c’est tellement dur de rien foutre sur une plage, qu’il faut bien deux semaines pour retrouver ses esprits… Bon, là on est en octobre…
Alors là, en octobre, c’est un vrai mois, il faut bosser au moins trois semaines à fond car il y a les vacances de pommes de terre en à la fin du mois et il faut trouver une destination et c’est pas simple…
Après il y a novembre… Rien à dire, en général c’est un mois normal, en même temps il fait tellement moche dehors qu’autant travailler.
C’est alors que décembre arrive… Là, c’est encore un nouveau concept tendance années 90 début 21 unième siècle… Il est plus que courant que les gens arrêtent autour du 15, voir du 10, parce que « vraiment y rien à foutre et tout le monde doit faire ses cadeaux.. »… Ensuite, je ne vous fais pas le dessin ; que ce soit une bonne année pour faire le « pont » ou pas, c’est mort jusqu’au 15 janvier… Ah oui, parce que maintenant on ne recommence plus le deux, forcément, faut récupérer… ça, je peux comprendre, car il est vrai que Noël-Nouvel an, faut récupérer… C’est trop dur…
Donc, ça nous laisse un gros mois de travail pour atteindre les vacances de ski tant méritées… C’est après que ça commence à devenir très dur..
Mars. Mars, c’est un des pires mois de l’année, pas de pont, pas de jour férié, il fait pas encore beau, mais toujours froid et gris… Et du coup on est presque obligé d’être là tout le mois… avec seulement quatre week-ends et en plus il y a 31 jours, c’est vraiment un mois terrible pour les travailleurs..
Ensuite, il y a avril, en général c’est Pâques et le mois est court. Puis mai, alors mai c’est le bonheur.. un week-end sur deux, c’est férié, entre les ponts et les long week-ends, c’est maxi 12 jours de bureau… Juin, je n’en parle même pas, puisque tout le monde est déjà en mode « vacances »…
Et la nouveauté de ces dernières années, les deux mois d’été sont congés… Oui, ça peut paraître fou, mais je me suis rendu compte récemment, qu’il y a de moins en moins de monde qui travaille en été…
Si, si.. Regardez, dans la finance, ça ne sert à rien, tout le monde attend novembre pour réinvestir (oui, septembre et octobre, c’est pas bon historiquement). Dans le bâtiment, c’est mort. Essayez de commander de la robinetterie ou des lavabos pendant les périodes d’été, c’est peine perdue, les usines de fabrications vont vous rire au nez. Les fonctionnaires, apparemment, eux, c’est toute l’année… La magistrature, c’est juste pathétique… Si vous voulez faire une demande d’ordre juridique, ils doivent avoir du genre, 5 jours ouverts par mois… En gros, visiblement, c’est très tendance de ne pas travailler l’été… Et après on se demande pourquoi l’économie ne tourne pas…
Bref, j’en arrive à me demander comment on peut faire avancer les choses dans ce pays si la plupart des corps de métier s’appliquent plus à maximiser leur temps libre plutôt que de faire leur travail effectivement. Et après on me dit que c’est la crise ? Franchement, j’ai de la peine à y croire.
En tous les cas, je ne cesse de m’émerveiller devant le nombre de professions qui sont capable de m’éclater de rire au nez quand j’ose mentionner l’éventuelle possibilité qu’ils puissent bosser entre le 1er juillet (arrondit au 15 juin ) et le 31 août (arrondit au 15 septembre)… Moi, je suis au chômage et je rêverais de travailler et ce n’est pas faute d’essayer, mais voilà, pour faire ce que j’ai à faire, il faut que d’autres aient envie de mettre la main à la pâte. Et j’ai presque honte d’espérer secrètement que les gens qui ont un travail….le fassent…
Donc j’ai fait le bilan.
Janvier, nombre de jours de travail : maximum 10. Février, moins les vacances de ski et sachant que c’est un mois de 28 jours, c’est 15 jours de boulot maxi. Mars on va dire 20 jours, avril, 17 jours, mai, 12 jours… juin 18 jours, mais comme on est déjà à l’entraînement pour l’été, ça compte pour moitié. Juillet-Août, zéro… et même les jours ouvrables ne servent à rien, personne ne veut travailler. Septembre, on commence le 15, moins les ponts. Disons 8 jours. Octobre, 15 jours, Novembre 20 jours, moins la toussaint pour certains. Décembre, péniblement 10 jours…
En gros, il y a 155 jours durant lesquels on travail TOUS vraiment… ça va.. sur 365… Et après les syndicats veulent réduire le temps de travail.
J’ai comme le sentiment qu’AVANT, on bossait pour avoir des vacances. Maintenant on à des vacances pour pouvoir bosser de temps en temps et mieux les apprécier…
En tous les cas, cette année, il y a plein de choses que j’aurais voulu pouvoir faire, mais que je ne peux pas faire parce que certains magistrats, entreprises du bâtiment, fonctionnaires ou autres avocats sont plus préoccupés par leurs vacances et leurs congés que par leur job… Une chose est sûre, je me réjouis d’en voir certains arriver aux urgences en sang, pour s’entendre dire : « ah mais Monsieur, il ne fallait pas vous crasher en moto au mois d’août, l’hôpital est fermé à ces périodes… vous ne saviez pas ??? – revenez nous voir à la rentrée, autour du 15 septembre…
Morningbull
15:33 Publié dans Chroniques Hebdomadaires | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
08.04.2010
Un meeting sinon rien
![MB_LOGO[1].jpg](http://leschroniqueshebdomadairesdemorningbull.blog.tdg.ch/media/02/00/1705504845.jpg)
Depuis que j’ai un peu plus de temps, je me suis mis à gamberger – oui, je sais, ce n’est pas bon et ça ne fait pas avancer grand-chose… Cependant, depuis quelques jours, il y a un truc qui me trotte dans la tête ; ça fait bientôt 7 mois que j’ai quitté mon ancien employeur et c’est peut-être parce que depuis cet instant je n’ai plus fait de « meeting » que je n’arrête pas d’y penser… Oh, pas que cela me manque, au contraire, mais du coup je me demande de plus en plus à quoi ça sert, pour autant que cela serve à quelque chose….
Non, parce qu’il n’y pas si longtemps, on va dire une petite vingtaine d’année, on en faisait déjà, des « meetings », je me rappelle même que quand j’étais jeune, j’étais franchement vexé de ne pas être invité, puis avec le temps, j’ai appris à esquiver avec plaisir et malice ces instants au combien ennuyeux… Mais là, depuis quelques temps, j’ai le sentiment que l’art du meeting ou de la séance est passé à un tout autre niveau.
Je m’explique. Avant on se voyait à plusieurs personnes qui étaient TOUTES concernées par le problème qui allait être discuté, on s’asseyait autour d’une table et après une heure, on avait l’esquisse d’une solution qui pourrait être mise en place pour régler le dit problème… Maintenant c’est complètement différent.
Tout d’abord, on se fout totalement du problème à régler (la plupart du temps), non, ce qui est important c’est de « FAIRE UN MEETING ». Et c’est encore plus important pour celui qui l’organise, puisqu’il semblerait de plus en plus, que, statistiquement parlant, plus tu organises des meetings (peu importe qu’ils soient intéressant ou pas, utile ou pas), plus tu grimpes dans la hiérarchie avec une bonne chance de devenir un VRAI manager…. Pas un vrai professionnel, non, juste un manager surentraîné à passer du temps assis sur une chaise et autour d’une table, qui à la fin ne sait même plus où est son bureau, où est sa vraie place de travail…
La preuve que le « meeting » est devenu une institution récurrente ? Avant on en faisait quand il FALLAIT en faire, maintenant on en fait un maximum, histoire de bien faire comprendre aux gens qu’ils sont incapables de faire leur job si ils n’ont pas un chef (appelé aussi caporal à l’armée ou sergent instructeur) pour leur dire ce qu’il faut faire et comment il faut le faire. Ce qui est intéressant, car ces mêmes chefs sont tellement occupés dans leurs 28 meetings hebdomadaires que l’on se demande comment ils font pour savoir ce qui se passe encore sur le « terrain »… Sont trop forts pour moi, je m’incline…
Toujours est-il que j’ai entendu dire que chez certains employeurs (je pourrais donner des noms, mais après on va encore me tomber dessus), la reconnaissance n’était pas due au mérite, mais au nombre de meetings auxquels tu as participé pendant l’année… 100 meetings, tu deviens cadre, 500 meetings, tu es sous-directeur, 1000 meetings, tu passes directeur… 5000 meetings, tu ne trouves plus ton bureau, tu ne te souviens plus de tes mots de passe, ton meilleur ami, c’est ton Blackberry, quand tu parles à tes enfants, c’est avec des présentations powerpoint, mais, mais, tu es, tu es ??? – eh oui…Membre de la direction générale… Après 10'000 meetings, en général tu te fais virer avec un parachute doré ou tu déménages au siège, voir tu rentres dans une boîte d’audit pour aider les autres à trouver des motifs pour organiser des réunions.
Tout ça pour dire que lors d’un mes précédent jobs, j’ai quand même réussi à découvrir encore une nouvelle dimension au meeting… Je pensais avoir tout vu mais en fait, je me trompais… Il y en a qui ont inventé le meeting du lundi pour préparer le meeting principal du mercredi, avec la possibilité d’y ajouter un « débriefing » pour ceux qui n’auraient pas compris les deux premières séances… et il y en a….
Je dois dire qu’avec le recul, ceci m’interpelle quelque part…
Il se trouve que j’aime mon métier et que j’ai du plaisir à le FAIRE… mais quand je dis le faire, c’est vraiment le FAIRE… et pas de passer la journée en séance pour parler de ce que je POURRAIS faire si j’étais assis à mon desk plutôt que de jouer au solitaire sur mon Blackberry pendant que tout le monde s’endort en écoutant l’orateur dont tout le monde se fiche en général…. Non, parce qu’il faut l’avouer…. Tout le monde semble concerné par le sujet de la séance en cours, mais quand vous discutez avec les gens en sortant vous vous rendez compte que, 80% du temps, ça râle, ça n’est pas d’accord ou pas content, certains ont même de la peine à émerger après leur sieste…
Donc, si je fais le bilan de tout cela, il me semble que la plupart d’entre nous, vont en meeting parce qu’ils n’ont pas le choix et font contre mauvaise fortune, bon cœur. Quand ils ressortent, ils n’ont généralement rien appris ou ne sont pas plus avancés qu’avant (souvent, très souvent aucune décision n’a été prise) et ils ont souvent perdu une occasion de parler à leur client – oui, parce que ça, c’est un autre sujet, on évoque rarement le client en meeting… mais bon, finalement, c’est quoi un client ???
Je continue ma conclusion, personne n’a vraiment envie d’y aller, en meeting… Ce qui veut dire que, si on laissait certains managers qui ne savent plus rien faire d’autre que d’y aller, nous faire des PV et nous les donner à lire, après.. et que si les gens qui ont vraiment envie de faire un job de terrain, le faisait sans que perdre du temps inutilement dans ces endroits clos et gris, peut-être que ça irait mieux.. Peut-être même que l’économie repartirait et peut-être même que l’on pourrait bosser pour le client et pas pour le management…
Je reste convaincu que la rentabilité augmenterait et que l’on gagnerait un temps considérable en évitant de convoquer la moitié du bureau chaque fois qu’il faut changer la couleur du papier toilette ou celle de la moquette…
En gros, chacun son métier et passer mes journées en séance, ce n’est pas le mien… C’est vraiment dommage parce que ce mode de fonctionner semble devenir de plus en plus omniprésent et je ne suis pas convaincu que toutes ces séances poussent les gens à réfléchir par eux-mêmes…
A bon entendeur, salut
Morningbull
16:03 Publié dans Chroniques Hebdomadaires | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note

